En quoi la tapisserie d’ameublement peut réenchanter le monde ?

 Rencontre avec le travail de Jérôme Chevalier

 De formation psychomotricienne, j’ai découvert la tapisserie d’ameublement auprès de Jérôme Chevalier. 

Au premier abord, rien à voir ! Et pourtant ! La tapisserie d’ameublement tout comme la psychomotricité nous parle de notre rapport à soi, au monde et à l’autre. Dans les deux cas, on prend soin de ce qui est là , non parce que c’est bien mais parce que c’est là et que ça parle de nous. Voilà ce que j’ai découvert auprès de Jérôme Chevalier créateur du « Bonheur est dans le Siège ». 

Premier principe : Poser le regard sur ce qui est

Le premier postulat est le suivant : 

Quand je souhaite refaire mon fauteuil , je pars de ce qui est là ! Je reconnais ainsi une certaine valeur à mon siège et je ne cherche pas à aller voir ailleurs, à acheter autre chose,…à fuir ma réalité du moment. Oui, je ne vous le cache pas, quand je commence à le démonter, c’est plein de poussières mais…ça réserve de belle surprises !

Le métier d’artisan tapissier modifie mon rapport à l’objet et donc au monde. De la même manière nous pourrions parler de notre rapport aux lieux que nous côtoyons, de notre rapport au temps qui s’écoule, tout me semble être un miroir de notre façon d’être en relation… et notamment de celle que j’instaure avec moi-même. 

Deuxième principe : Tout est miroir de la façon dont je me traite

Prendre soin , c’est accorder une valeur intrinsèque à ce qui est là. Prendre soin de moi, de mon corps, des lieux , des objets, c’est partir du principe qu’ils sont importants de facto, qu’ils sont essentiels. 

Or nous sommes la plupart du temps dans un rapport d’utilité et de satisfaction immédiate : telle activité doit m’apporter du plaisir ou de la connaissance , tel lieu doit être fonctionnel , tel objet doit me rendre la vie facile, telle personne doit m’aider…De même dans mon exigence envers moi : je dois me sentir utile, efficace et remplir un certain nombre de tâches dans ma journée pour être satisfait(e) de moi. 

Notre rapport au monde (et à nous-même) est régi par la nécessité d’utilité, de réussite et de compétitivité. Dans ce fonctionnement , dès qu’un objet ne marche plus, on ne veut plus le voir, on jette, on rachète, on slide, on zappe. Le travail de soin, de maintenance est occulté. Peut être que c’est cela qui nous manque…Et si nous étions faits pour autre chose qu’être utile ? et s’il en était de même pour nos objets ? nos espaces et notre temps ?

Troisième principe : la temporalité 

Le monde actuel a parfois tendance à occulter le sujet de la fin de vie (vieillesse, mort) et de fait à occulter celui du cycle de la vie. Le corps, les lieux, les objets s’inscrivent dans un temps et leur présence au monde implique de fait une prise en soin et une maintenance. Nous avons appris à prendre soin de notre corps, hygiène corporelle, équilibre alimentaire, etc….mais dans quel but ? Etre plus performant ? Consommer davantage ? Ou prendre soin de la vie en nous pour mieux en découvrir la valeur et l’essence ?

Quand je prends soin d’un objet , je prends soin de la vie, je reconnais ses intrications avec le monde dans sa globalité : D’où vient il ? De quels savoirs faire découle t-il ? Qu’a-t-il demandé comme temps de travail ? Comme ressource matérielle et humaine ? Que dit il du fonctionnement de la société dans laquelle je vis ? Quand j’ai conscience de toutes ces intrications, je reconnais et j’honore mon interdépendance.

Prendre soin est peut être une clé pour se rappeler de ce qui nous tient ensemble, pour apporter une réponse à notre sentiment de non-sens et/ou de solitude qui peut parfois nous saisir. Prendre soin nous relie aussi à notre sensibilité et à notre capacité d’écouter et de percevoir profondément ce qui nous met en-vie.  

Et alors ? 

Il n’y a rien à déduire de cela, et surtout aucun jugement à émettre. Dans un monde où on recherche du sens, peut être pouvons nous regarder simplement notre rapport à nous, au corps, à l’autre, aux objets. Non pour le juger mais pour observer ce qui en ressort. Comment puis-je m’y inscrire tout en composant avec les possibilités du moment ? Comment serait ma vie si ma valeur devenait intrinsèque, non dépendante de ce que je produis ? Comment je me sentirais si je voyais en moi, en l’autre, dans les objets, le monde qui se crée à chaque instant ? Comment je me sens quand je prends soin de moi, de l’autre, que je vois le précieux des choses qui m’entourent ? Que je remercie les lieux qui m’accueillent ? Que je me rends compte du temps qui s’écoule et comme il m’apprend à revenir à l’essentiel ?

Qu’on parle de rapport au corps, au monde, aux choses, …j’ai constaté pour moi qu’il s’agissait seulement d’une façon de me questionner sur ma façon d’être en relation. C’est de celle-ci que découle ma possibilité d’être sensible et donc d’être touché(e) par le monde et de m’y sentir relié(e). Trouver du sens n’est plus nécessaire quand je me sens en lien avec ce qui est autour de moi , quand je renoue avec le sensible présent en chaque chose.

Et l’artisanat dans tout ça ? 
« Le bonheur est dans le siège »?

L'artisan était il y a peu encore celui avec qui on avait le temps de partager un café , de finalement au travers d'un projet, parler de nos vies et se rencontrer simplement.

 

Le Nom de l'entreprise "le bonheur est dans le siège" parle aussi de cela. Le bonheur c'est ici et maintenant , dans ce qui est déjà là mais il s'agit de le voir et de pouvoir prendre le temps pour cela de s'assoir,  pouvoir poser son regard différemment. 


Le travail du tapissier demande du temps comme beaucoup de métiers artisanaux et nous oblige aussi à revenir à un rapport au temps et à la matière différent où il s'agit de prendre en compte ce qui est déjà là (la structure du fauteuil, l'état du bois,...) et s'y adapter plutôt que de vouloir absolument contrôler la création de A à Z.

 

Si vous aussi vous souhaitez rencontrer Jérôme Chevalier du Bonheur est dans le Siège, c’est possible !! Il propose des ateliers aux particuliers qui souhaitent par eux-mêmes rénover leur fauteuil et s’inscrire dans ce cheminement de découverte 

 

Merci beaucoup pour votre lecture, 

Ecrit par Katia Demolin

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